76% ont en moyenne 41 ans.
Toutes les catégories socioprofessionnelles sont concernées. Généralement, il s’agit d’hommes dont l’âge se situe entre 40 et 45 ans. Il peut aussi exister des antécédents familiaux.
64% sont fumeurs quotidien.
Les joueurs addicts présenteraient des comportements proches d’addictions plus classiques à des produits tels que l’alcool, le tabac ou d’autres drogues.
58% déclarent un revenu inférieur à 1100€.
Les joueurs plus défavorisés sont ceux qui misent les sommes les plus importantes.
47% dépensent plus de 1500€ par an.
Les difficultés rencontrées par les joueurs excessifs et leur entourage peuvent être nombreuses, que ce soit sur le plan psychologique ou financier, avec toutes les conséquences qui peuvent s’en suivre.
36% ne possèdent aucun diplômes.
Au départ, les patients sont fragilisés. Ils vivent des situations difficiles et subissent un quotidien pénible. Pour s’évader et oublier leurs soucis, ils se réfugient dans le jeu.
26% ont un risque de dépendance à l'alcool.
Les joueurs addicts présenteraient des comportements proches d’addictions plus classiques à des produits tels que l’alcool, le tabac ou d’autres drogues.
1,3% de la population
C’est le pourcentage de la population touchée par l’addiction aux jeux d’argent, de hazard en ligne. Une pathologie souvent liée à une dependence à l’alcool, au tabac, ou au cannabis. Soit 600.000 personnes !...
 
Comment devient-on addict aux jeux en ligne ?
par Marie de Noailles, psychothérapeute et addictologue. Travaille au sein du cabinet d’addictologie Acte Now.
Tout d’abord, il faut savoir que la dépendance aux jeux de paris est considérée comme une pathologie depuis 1980 par l’OMS (Organisation Mondiale de la Santé). On considère qu’une personne devient dépendante lorsqu’elle dépense plus de 10% de son revenu mensuel dans les jeux (casino, poker, PMU…). Après, il faut voir dans l’addiction au jeu le même processus de destruction que dans un autre produit. Le problème est le même entre un homme qui ment à sa femme alors qu’il va faire une énième partie de poker avec ses amis et un autre qui va aller boire de l’alcool dans un bar alors qu’il devait aller promener le chien.
Les femmes jouent aussi en ligne !
Dans les statistiques générales de l'addiction, les hommes sont plus sujets à la dépendance que les femmes. Après, nous manquons de recul sur le problème des femmes. Sont-elles plus vulnérables si elles jouent à des jeux d’argent sur Internet dans le seul but de tuer le temps ? Je ne sais pas. Ce qui est plus sûre, c’est qu’elles consomment le jeu d’une autre manière que les hommes. Par exemple, si on prend l’exemple de l’alcool, les femmes vont plus boire à l’abri des regards que leurs pendants masculins. Le tabou est réel....
 
Jeux d'argent : les risques de la dépendance et de l'endettement
Quête incessante du rêve ou recherche malsaine de sensations fortes. Alors que le jeu devrait rester un loisir agréable et un passe-temps occasionnel, pour certains la frontière entre jeu d’argent et dépendance à risques est dangereusement ténue...Et, derrière l'espérance du gain et le désir de ressentir des poussées d’adrénaline toujours plus fortes, se cachent la souffrance et la dépendance d’un joueur au mental fragile. Il est donc important d’être conscient de ce problème invisible...
Le jeu pathologique, ça se soigne ?
Le plus souvent le malade vit dans le déni de sa dépendance et du lien qui existe entre le jeu et la dégradation de ses conditions de vie. La première étape vers la guérison est nécessairement la prise de conscience du problème et de ses conséquences néfastes...
 
L’analyse d’un médecin
par Abdou Belkacem, addictologue au centre hospitalier de Sèvres.
“Je reçois plus de patients pour des problèmes liés au jeu depuis plusieurs mois, meme si ce type d’addiction ne représente pas plus de 10% des maladies que je traite, par rapport aux autres addictions liées aux psychotropes, comme l’alcool et les drogues. D’après l’étude realise par l’OFDT, entre 0,5 et 1% de la population est concernée par la dependence aux jeux, soit 600.000 personnes. Il est difficile d’évaluer clairement cette recrudescence à une echelle globale et nationale, mais à mon niveau, je constate une hausse.”
 
Comment soigne-t-on la dépendance aux jeux ?
par Abdou Belkacem, addictologue au centre hospitalier de Sèvres.
A.B. : Le soin apporté dépend du diagnostic. Il faut d'abord distinguer deux types de patients. La première catégorie regroupe les joueurs problématiques, qui sont légèrement touchés par l'addiction. Ils se rendent compte de leur problème mais n'ont pas subi trop de pertes et peuvent encore se contrôler. Pour eux, de simples consultations pour dialoguer et leur apporter un discours préventif suffisent. En revanche, pour la deuxième catégorie, celle des joueurs pathologiques, les soins sont beaucoup plus lourds et longs. Il s'agit de patients qui ont perdu le contrôle, qui ont misé et perdu beaucoup d'argent, et qui se trouvent dans une phase de désespoir. Leur état est également lié à une dépression. Il faut donc soigner cette dépression, leur donner un traitement médicamenteux et les encadrer au plus près. Les actions menées pour les aider dépassent parfois le cadre médical. Des mesures de protection judiciaire peuvent être prises, comme l'interdiction de jouer, car certains arrivent chez nous au bord de la ruine.
Les traitements sont-ils efficaces ?
par Abdou Belkacem, addictologue au centre hospitalier de Sèvres.
A.B. : Il va falloir du temps pour vérifier l'efficacité des traitements à grande échelle. La récente étude de l'OFDT est la première réalisée en France, le phénomène est analysé depuis peu de temps chez nous. A mon niveau, je dirais que oui, les traitements portent leurs fruits. L'addiction au jeu se soigne mieux que l'addiction aux psychotropes. Deux paramètres rendent parfois difficiles le traitement : une dépendance simultanée à d'autres produits, comme le tabac et l'alcool, et l'absence de produits de substitution, qui existent par exemple pour soigner l'addiction à la drogue.
 
Addiction au jeu en ligne: les neuroscientifiques sceptiques
Si les psychiatres sont quasiment unanimes pour parler d'addiction aux jeux en ligne, les neuroscientifiques sont, quant à eux, beaucoup plus réservés...
 
Des chiffres qui parlent
• 192 casinos, avec un chiffre d'affaires de 18,66 milliards d'euros en 2004 et 64 millions d'entrées
• 6,8 millions de parieurs hippiques en 2005
• 9,7 milliards d'euros de chiffre d'affaires pour la Française des Jeux en 2007
• Entre 1999 et 2006, les mises engagées par les joueurs ont augmenté de 91% pour les paris sur hippodrome, de 77% pour la Française des jeux et de 75% pour les casinos
• Jeux vidéo et Internet : 26% des 8-14 ans passent plus de 4 heures par semaine à jouer ; 34% des 15-18 ans utilisent Internet pour jouer.
Dans notre pays, le chiffre d'affaires des jeux autorisés – Loto et jeux de grattage, casinos, machines à sous, paris sur hippodrome – a été multiplié par 400 entre 1960 et 2006, passant de 98 millions d'euros à 37 milliards d'euros.
 
Lorsque le jeu devient excessif
En tête : les Etats Unis et l’Australie avec 5% de la population concernée. Ensuite, une majorité de pays avec une prevalence comprise entre 1,5 et 3% de joueurs problématiques et pathologiques. Selon des experts, la France pourrait se situer dans cette fourchette. Enfin la Norvège avec 0,2% de la population.
 
JEU = DROGUE ?
Les joueurs pathologiques ont un comportement addictif (besoin impérieux de jouer coûte que coûte) qui ressemble à celui induit par la consommation d'une drogue. Mais on ne sait pas si le jeu à lui seul peut induire une dérégulation du système nerveux central (au niveau du couple de neurotransmetteurs noradrénaline-sérotonine) comme le fait la prise répétée d'une drogue. Il est d'autant plus difficile de répondre à cette question que la majorité des joueurs pathologiques sont également consommateurs excessifs de tabac et d'alcool.